Pourquoi observe-t-on autant de divisions aujourd’hui ? Pourquoi certaines personnes mélangent-elles religion, origine, nationalité et racisme comme s’il s’agissait d’une seule et même chose ? Le vivre-ensemble est-il devenu un simple souvenir ou peut-il encore être reconstruit ?
Ces questions concernent chacun d’entre nous. Elles dépassent les débats politiques et les réseaux sociaux. Elles touchent directement notre manière de vivre, de dialoguer et de respecter les autres.
Comme le disait Nelson Mandela :
« Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de sa couleur de peau, de son origine ou de sa religion. »
Cette réflexion invite à distinguer clairement deux réalités : la religion, qui relève des convictions personnelles, et le racisme, qui est une discrimination envers des personnes en raison de leur origine ou de leur apparence.
Religion et racisme : deux notions totalement différentes
La première confusion consiste à croire qu’une religion serait responsable des actes de certains individus. Pourtant, une religion est un ensemble de croyances, de traditions et de valeurs spirituelles.
Le racisme, lui, consiste à juger ou rejeter une personne en raison de son origine réelle ou supposée.
On peut critiquer une idée ou une croyance sans détester les personnes qui y adhèrent. À l’inverse, attaquer quelqu’un uniquement parce qu’il appartient à une origine ou à une communauté relève de la discrimination.
Comprendre cette différence est essentiel pour préserver une société démocratique.
Les moments où la France a montré qu’elle pouvait être unie
La Coupe du Monde 1998 : une victoire qui rassemblait
La victoire de l’équipe de France en 1998 reste l’un des symboles les plus forts de l’unité nationale.
Des joueurs venus d’horizons différents, de cultures diverses et parfois de religions différentes ont porté ensemble le même maillot.
À ce moment-là, beaucoup de Français ne regardaient plus les origines, mais l’objectif commun.
Cette victoire rappelait une idée simple :
L’unité ne demande pas que tout le monde soit identique. Elle demande simplement que chacun avance dans la même direction.
La Tecktonik : une génération mélangée
Sur Arte (ne veuleux pas partager pour affiché)
https://www.youtube.com/watch?v=KKdG0gOOzMU
Quelques années plus tard, le phénomène Tecktonik a également montré qu’une passion pouvait réunir des jeunes de toutes les origines.- https://www.youtube.com/watch?v=KKdG0gOOzMU
Dans les rassemblements, peu importaient la couleur de peau, la religion ou le quartier.
On venait avant tout pour partager une passion commune.
La musique créait un langage universel.
Mon expérience personnelle : apprendre de ses erreurs
Je souhaite partager une partie de mon histoire.
Lorsque j’étais enfant, j’ai été placé dans une structure éducative à Rueil-Malmaison. Avec le recul, je reconnais avoir prononcé un jour une insulte antisémite sous l’effet de la colère et de l’immaturité.
Les adultes présents n’ont pas laissé passer cet incident. Ils ont pris le temps d’expliquer pourquoi ces paroles étaient blessantes. Ils avaient également organisé des visites de musées et des activités éducatives afin de mieux comprendre l’histoire, notamment celle des discriminations.
Cette expérience m’a appris qu’une erreur peut devenir une leçon lorsqu’elle est accompagnée d’éducation, de dialogue et de responsabilité.
Je ne présente pas cette histoire comme un modèle, mais comme une preuve qu’il est possible d’évoluer.
Les tensions entre communautés existent, mais elles ne définissent pas tout le monde
Durant ma scolarité, j’ai également été témoin de tensions entre certains groupes de jeunes se réclamant de différentes religions.
Je ne peux pas affirmer qui avait commencé ni généraliser ces événements à une communauté entière. Ce serait injuste.
Ce que je retiens, c’est que la violence ne résout jamais les désaccords.
Après les interventions des adultes, des excuses ont été présentées et plusieurs jeunes sont redevenus amis.
Cette expérience montre qu’il est toujours possible de reconstruire le dialogue.
Pourquoi avons-nous l’impression que la société se divise davantage ?
Aujourd’hui, beaucoup de personnes ressentent une montée des tensions.
Les réseaux sociaux amplifient souvent les conflits, mettent en avant les polémiques et donnent davantage de visibilité aux comportements extrêmes qu’aux gestes de solidarité.
Pourtant, dans la vie quotidienne, des millions de personnes travaillent, étudient et vivent ensemble sans problème majeur.
Le risque est de laisser les discours de haine devenir plus visibles que les exemples positifs.
Agir à son échelle : chacun peut faire la différence
Changer une société ne commence pas forcément par une grande réforme.
Cela commence souvent par des gestes simples :
- écouter avant de juger ;
- respecter les différences ;
- condamner les insultes racistes ou antireligieuses ;
- transmettre des valeurs aux plus jeunes ;
- favoriser le dialogue plutôt que la confrontation.
Comme le dit le proverbe africain :
« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. »
Mon parcours : pourquoi je crois encore au vivre-ensemble
Je suis Français, d’origine philippine, né en France en 1991.
Je suis de confession catholique. Je viens d’un milieu modeste et je ne possède pas de diplôme universitaire.
Pourtant, mon parcours m’a appris que la valeur d’une personne ne dépend ni de son origine, ni de sa religion, ni de son niveau d’études.
Je suis aujourd’hui père de famille, entrepreneur et je souhaite construire plutôt que détruire.
En 2025, j’avais même réfléchi à la création d’un service de protection destiné aux femmes. Ce projet s’est révélé complexe sur les plans juridique, organisationnel et humain, mais cette réflexion traduisait une volonté d’agir concrètement pour la sécurité des autres.
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. J’essaie simplement d’apporter ma contribution à mon échelle.
Construire plutôt que subir
« Agir ou subir. Détruire ou construire et reconstruire. »
Cette phrase résume une philosophie de vie.
Il est facile de critiquer derrière un écran.
Il est plus difficile de dialoguer, de reconnaître ses erreurs, de protéger les plus faibles et de transmettre des valeurs positives.
Chaque génération reçoit un héritage.
À nous de décider si nous voulons transmettre davantage de divisions… ou davantage de respect.
Conclusion : où est passé le vivre-ensemble ?
Le vivre-ensemble n’a probablement pas disparu.
Il est simplement plus discret que les conflits qui occupent les réseaux sociaux et les médias.
Les différences de religion, d’origine ou de culture ne sont pas le véritable problème. Ce sont l’intolérance, les préjugés et la haine qui créent les fractures.
La France s’est déjà rassemblée dans le passé autour d’événements sportifs, culturels ou solidaires. Rien n’empêche qu’elle retrouve cet esprit.
La solution passe par l’éducation, la responsabilité individuelle, le dialogue et le respect mutuel.
Car au fond, nous avons tous quelque chose en commun : le désir de vivre dans une société où chacun peut être respecté, quelles que soient ses origines ou ses convictions.
Agir ou subir. Détruire ou construire et reconstruire. Il n’y a pas d’excuse pour la haine. À chacun de choisir ce qu’il souhaite transmettre aux générations futures.